Ses premières œuvres

Les Fous de Saint-Antoine : traversée rythmique (1989)

Ce qui est commun à travers des œuvres de Trouillot, en particulier celles de ses antérieures, est le ton dramatique de son écriture qui avait été largement influencé par les événements historiques suivant la fin de la dictature de Duvalier en 1986. On peut le trouver dans son premier roman, Les Fous de Saint-Antoine, qui a été publié en 1989 et reflète « le caractère traumatique d’une production littéraire élaborée dans le contexte d’un régime totalitaire » (Lucas 193). Le personnage principal, Antoine, est enseignant qui grandit dans un quartier de classe moyenne, mais elle diminue graduellement en règle sociale à cause de l’arrivée des migrants ruraux ainsi que l’émigration de sa population d’origine. Incapable de quitter, Antoine reste dans son quartier dégradé, un mystère suggéré par son amoureuse Dominique :

Elle ne parvenait pas point à saisir le lien entre Antoine et ce coin de terre oublié, cette terre carrée sans devenir. Le matin il enseignait dans un college privé. Il prenait à cœur son métier d’instituteur. Il aurait pu se faire une place dans l’enseignement secondaire et quitter ce quartier. Pourquoi s’acharnait-il à faire corps avec cette rue sans ambition, sans fortune ancienne ?

On voit les thèmes de la démence, de la répression et de l’appauvrissement dans Les Fous de Saint-Antoine. Ce roman est le premier récit par lequel Trouillot introduit un désir littéraire personel, « une volonté de rupture avec la tradition romanesque haïtienne ».

Voici un petit résumé du texte.

Rue des pas perdus (1996)

*Traduction anglaise: Street of Lost Footsteps (2003)

Les œuvres de Trouillot dévoilent des antagonismes internes d’Haïti dans leur laideur pleine. Dans son roman, Rue des pas perdus, il parvient à découvrir ces douleurs en une nuit et avec trois personnages. Les trois narrateurs — une madame vieillissante, un intellectuel, et un chauffeur de taxi — décrivent leurs propres témoignages de « la nuit d’Abomination », qui se déroule à Port-au-Prince contemporain. Trouillot utilise leurs voix et une nuit de violence embrasée pour dépeindre les souvenirs éternels de l’opposition politique, la pauvreté et tout ce qui contamine son pays natal. Par exemple, la madame décrit Haïti comme :

…vingt-sept mille kilomètres carrés de haine et de désolation, un peu plus en comptant toutes les îles adjacentes.

Elle continue aussi plus tard en démontrant Haïti comme un pays où la haine s’accroît plus vite que les arbres. La violence cruelle dépeinte est dérivée de la vengeance, et Trouillot essaie de faire comprendre que ces actes sont parfois motivés politiquement et émergent du conflit entre les partisans de Duvalier et d’Aristide, les deux qui sont respectivement appelés allégoriquement dans le roman comme le « grand dictateur Décédé-Vivant-Eternellement » et le « Prophète ».

Veuillez trouver ci-dessous un extrait court d’un commentaire de Rue des pas perdus qui fait l’éloge de l’écriture émouvante de Trouillot :

Avec sa plume sensible poétique et touchante, l’auteur Lyonel Trouillot nous livre là un roman majestueusement écrit, ce qui pourrait paraître paradoxal, vu le contexte. Il parle d’horreur et de ce que laisse le gouvernement en place dans le cœurs de certains Haïtiens remplit de haine et dans leurs mains ensanglantés. Lyonel Trouillot est un révolté et cela se sent dans ses écrits si forts, si intenses et si sincères. Les lecteurs seront parfois surpris des mots poétiques contradictoires à la réalité de ce pays (Les lectures de Mélusine).

En 2004, Rue des pas perdus (édition traduite) a été un finaliste pour le prix « PEN/Book-of-the-Month Club Translation ». Voici une analyse de ce texte par Kathleen Gyssels.

Les Enfants des héros (2002)

*Traduction anglaise: Children of Heroes (2002)

Les Enfants des héros est un roman court mais extrêmement fort dont l’action se déroule dans la capitale de Port-au-Prince, le même de celle de Rue des pas perdus. Il est une histoire tragique de Colin et Mariéla, deux enfants qui tuent leur père violent, Corazon. Après avoir vécu de peur de Corazon, les deux enfants le battent à mort pour protéger leur mère Joséphine, d’où commence leur voyage à travers la ville pour éviter la capture. Leur essai est plutôt court — 3 jours — qui commence et se termine au même endroit au centre de Port-au-Prince. Trouillot commence et se termine aussi le récit avec la même phrase :

Il devait être midi quand nous avons commencé à courir.

Rapporté à la première personne par le jeune enfant Colin, le roman est construit en des chapitres très courts (seulement un paragraphe pour chaque chapitre) qui canalisent les sentiments désespérés et souvent déconnectés du jeune garçon. Grâce à lui, on est capable de plonger plus profondément dans les autres personnages : Mariela est l’objet d’affection de Colin. Joséphine est la mère et femme silencieuse qui est soumise et battue par son mari. Son mari, Corazon, est un ex-boxeur qui revient à Port-au-Prince pour devenir un mécanicien. Au contraire, il se transforme en un homme violent. À travers les yeux de Colin, on peut voir la réalité vivante et dérangeante d’Haïti, celle qui Trouillot désire pour des lecteurs à comprendre. Comme Rue des pas perdus, Les Enfants des héros est un récit poignant qui évoque la tragédie de tout un pays et les misères inévitables de la vie dans les bidonvilles.

Lyonel Trouillot lit un extrait de Les Enfants des héros dans le vidéo ci-dessous (cliquez “Watch it now”) :

Voici une analyse ainsi qu’une critique (en anglais) du texte.

D’autres œuvres antérieures notables:

  • Le Livre de Marie (1993)
  • La petite fille au regard d’ile (1994)
  • Les dits du fou de l’île (1997)
  • Thérèse de mille morceaux (2000)

Pour en apprendre plus sur ses premières œuvres, visitez les liens :

Charles, M. “Les enfants des héros – Lyonel Trouillot.” Skynet Blogs. Blog, 8 aôut 2012. Web. 4 déc 2012.

Lucas, Rafael. “L’esthétique de la dégradation dans la littérature haïtienne.” Revue de littérature comparée 302 (2002): 191-211. Web. 4 déc 2012.

Rochette, Bruno. (1998). “Le Feu consume-t-il la douleur ?” Le Monde Diplomatique, déc 1998. Web. 3 déc 2012.

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