La ségrégation et la race en France

 

La ségrégation postcoloniale

Black Bazar a été publié en 2009, quelques années après les émeutes notables et le malaise civil dans les banlieues de Paris. Ces événements ont répandu à l’exclusion sociale des banlieues, y compris du manque d’opportunités et d’intégration. La plupart des jeunes impliqués venaient des familles immigrantes.  Ce malaise a provoqué la discussion de la ségrégation postcoloniale, mais le gouvernement a fait peu d’améliorer la situation. Même sept ans après les grandes émeutes de 2005, le peuple des banlieues est encore désillusionné. Mabanckou revisite ces thèmes de l’immigration africaine et l’exclusion en France dans son écriture, en particulier Black Bazar (même si l’idée pour le livre est née quand il travaillait au Rwanda en 2006, il a terminé l’écriture en France, en incluant ses propres expériences).

 

Des images des émeutes de 2005 et, au milieu, l’état des banlieues cinq ans plus tard 
Les sources: La gauche, le centre, le droit

 

A l’extérieur de ses romans, il critique la réponse de l’état au sujet de la migration, en faisant référence à sa propre expérience à la marge de la société française, comme un immigrant congolais. On est premièrement une couleur, deuxièmement un homme. On parle toujours de « liberté, égalité, fraternité » mais les franco-africains attendent la réalisation de cette politique encore, malgré qu’ils mettent la nation au-dessus de tout.

 

Dans un livre titré Black France / France Noire, des intellectuels, activistes, et écrivains s’intéressent aux problèmes de la race et du racisme à travers une société qui se caractérise aveugle à la race. Dans sa rédaction, « Letter to France » Mabanckou parle de son inquiétude pour l’état du pays et le futur des immigrants. Il explique que le silence est un signe de l’approbation de ce mode de vie, donc il utilise l’écriture pour contribuer ses opinions au dialogue publique. On peut lire quelques extraits de son chapitre, ici :

 

La couverture de Black France / France Noire

Someone once told me that I was « French-something ». Did he want to erase my Congolese heritage or did this mean that France never looked me straight in the eyes, as if I were Ralph Ellison’s « Invisible Man » or that France never learned how to define what I really was?

The Other has been established as the public enemy of society. The Other is inevitably a delinquent, a parasite. He takes the bread out of the mouths of the true-blooded French.

If I attack this “origin by destination,” it is because I conceive of belonging to a nation as a dynamic, positive act, which needs to start with the individual. There are two categories of French: those that have done nothing to become French and have gained their nationality by blood; and those who have undertaken the burden of Hercules to be recognized as belonging to that nation.

It’s not Black France that is worrisome; it is France’s entrance into a fragmented world that freezes over the conservative part of de Gaulle’s country. Because, of all the countries of Europe, France is unquestionably the state that still thinks of its territory with images of an antiquated history. There is on one side the purebred French and on the other side the French-something. A kind of apartheid that dares not speak its name.

 

La race et « le Noir français »

Dans une entrevue pour LeDevoir.com, titré Comprendre l’humain plutôt que sa race, Mabanckou parle de la réalité de l’immigration et les communautés noires en France. Il dit, qu’en effet, ces communautés noires ne sont pas homogènes comme aux Etats-Unis. Les Noirs vivant en France ont des histoires différentes, sont venus tantôt pour faire des études, tantôt pour des raisons économiques, tantôt pour des raisons politiques. Il est donc impossible de caractérisé « le Noir français » par une série des traits fixes. Il dit : « Je comprends qu’il y a peut-être un malaise dans la communauté dite noire en France, un malaise lié au fait que les Noirs qui vivent en France n’ont pas la même histoire, pas les mêmes revendications…Nous sommes dans une situation où les Noirs de la France vivent dans une espèce de jungle, où chacun cherche à vivre à sa manière. Il n’y a pas de causes communes et il n’y a pas d’aspirations communes. »

Mabanckou met ce point en valeur dans son roman, Black Bazar, en distinguant les personnages noirs. De plus, Mabanckou affirme que les relations entre les Noirs sont plutôt complexes à cause des liens du colonialisme et de l’esclavage entrecroisés. Finalement, Mabanckou focalise sur le débat éternel qui évoque la couleur de la peau : « C’est un discours qui existe, même si on ne le trouve pas souvent transcrit dans les livres…Il y a ce malaise a l’intérieur d’une communauté qui a la même couleur, une espèce de guerre à l’intérieur des mur entre ceux qui ont la peau plus foncée et la peau plus claire ».

Dans un autre entretien, Mabanckou parle en profondeur de la communauté noire:

« On a tendance à parler de la communauté noire comme si les Noirs étaient une entité homogène. Quand vous analysez la composition de cette population, il n’y a pas plus hétéroclite. C’est un cliché que de penser que les Noirs de France sont unis. Pour être unis, il leur faudrait partager la même identité historique. Or ils sont tous venus en France par des moyens et pour des buts différents, entre ceux qui, partis faire des études, y sont restés, ceux qui invoquent l’exil politique ou économique. Ajoutons le cas, distinct, des Antillais… Parmi les Noirs de France, il faut différencier ceux d’Afrique centrale et ceux d’Afrique de l’Est, qui n’ont pas la même culture. De même qu’il y a des Africains de religion musulmane et d’autres de religion chrétienne. Comment voulez-vous regrouper toutes ces populations sous l’intitulé la “communauté noire”? Il y a les Congolais aussi, et des deux Congo! Une communauté se constitue par la reconnaissance des injustices qu’elle subit. Si on a pu parler de communauté noire aux Etats-Unis, c’est tout simplement parce que les Noirs ont subi là-bas la même injustice: la ségrégation raciale, les pendaisons pour la couleur de la peau… La communauté noire qui peut exister en France est celle qui va se fonder sur la lutte contre les injustices sociales subies sur le territoire français. »

 

Les ressources et les liens

Chrisafis, A. (2012, Nov 03). Seven years after the riots, the suburbs of Paris still simmer with resentment.The Guardian – The Observer. Retrieved from http://www.guardian.co.uk/world/2012/nov/03/estate-racial-hatred-poisoning-france

Mabanckou, A. (2012). Letter to france. In T. Keaton, T. Sharpley-Whiting & T. Stovall (Eds.), Black France / France Noire: The History and Politics of BlacknessDurham, NC: Duke University Press.

Montpetit, C. (2009, June 20). Entrevue avec alain mabanckou – comprendre l’humain plutôt que sa race. LeDevoir.com. Retrieved from http://www.ledevoir.com/culture/livres/255886/entrevue-avec-alain-mabanckou-comprendre-l-humain-plutot-que-sa-race

Philippe, D., & Baptiste, L. (2009, Jan 02). Entretien avec Alain Mabanckou. L’Express. Retrieved from http://www.lexpress.fr/culture/livre/entretien-avec-alain-mabanckou_815535.html

Silverstein, P., & Tetreault, C. (2006, June 11). Postcolonial urban apartheid . Retrieved from http://riotsfrance.ssrc.org/Silverstein_Tetreault/

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