Ses opinions sur l’écriture

Dans cet entretien, Lyonel Trouillot discute pourquoi il est devenu un écrivain, et les raisons spécifiques pour son choix d’écrire des romans et de la poésie. Il explique qu’il a écrit pendant toute sa vie, commençant à six ans, et qu’il n’a pas choisi de le faire mais que l’écriture est venue à lui. Trouillot préfère écrire de la poésie parce que sans elle, il est malheureux, en dépit du fait qu’il croit que les romans sont plus accessibles à la population et ils sont aussi de grand valeur. Il dit :

Le roman est un genre qui permet de communiquer, de discuter politique, d’échanger sur un sujet bien précis. L’histoire importe peu, mais doit conduire à une réflexion, à se poser des questions et décrire une réalité à travers l’histoire. Je trouve qu’il y a beaucoup trop de livres banals sans grande question. D’ailleurs je préfère un livre qui propose une vérité qui n’est pas la mienne, même si je la déteste, à un roman racontant des choses banales de la vie.

Cette opinion est évidente dans ses œuvres comme Bicentenaire. Après avoir compris les événements historiques en Haïti en 2004, il est clair que Trouillot essaie de présenter une « grande question » dans ce roman et tous les autres romans. Mais sans égard pour la préférence en écriture, il dit clairement que son écriture vient directement de la réalité. En écrivant d’Haïti dans ses œuvres, Trouillot suggère à ses lecteurs de faire attention à l’importance d’écouter. Selon lui, il y a un lien social et politique entre le texte, l’écrivain et le lecteur qui est souvent perdu dans la nature dispositive de la littérature présente. L’écriture, si par le roman ou la poésie, est l’acte de parler, de discuter et de répondre ouvertement aux malentendus de l’histoire et de la société haïtienne.

Trouillot donne aussi des opinions intéressantes sur le choix d’écrire en français. En lisant la conversation entre Trouillot et Assia Djebar, on peut comprendre comment la langue et le choix de langue présentent quelques obstacles dans l’écriture et son accueil. Pour les deux écrivains, il y a des problèmes politiques en décidant la langue dans laquelle on écrit. Si on choisit d’écrire en français, la langue prestigieuse, on peut exposer ses écrits à un public plus large (c’est à dire, le monde des lecteurs francophones). Au même temps, l’écrivain qui écrit en français risque d’être exotisé dans les yeux de ses lecteurs. Par exemple, Djebar, une écrivaine algérienne, écrit en français. Quand elle remet ses manuscrits à son éditeur français, il l’encourage à écrire sur des sujets plus actuels comme le droit des femmes à porter le voile à l’école, un sujet très pertinent en France. Malheureusement, ce n’est pas nécessairement un intérêt littéraire de Djebar, mais l’utilisation de la langue française la classe comme une « femme écrivaine musulmane ». D’autre part, l’écriture dans une langue moins prestigieuse comme le créole permet une plus grande liberté de choix artistique, selon Trouillot, qui veut élever le niveau de prestige de la langue créole. Malheureusement, le taux faible d’alphabétisation en Haïti signifie que Troulliot aura beaucoup moins de lecteurs s’il écrit dans la langue de son pays d’origine. Cependant, d’après lui, cela ne devrait pas dissuader des écrivains haïtiens d’écrire dans cette manière.

If you don’t write in Creole, it’s about yourself, it’s not about your community (extrait d’une conférence à Stanford en 2011).

Il y a donc quelques similarités entre les cas de ces deux écrivains : l’Algérie est indépendante depuis 30 ans avec beaucoup de violence. Haïti a également connu la violence comme une ancienne colonie française même bien qu’elle soit indépendante depuis plus de 200 ans.

Pour en apprendre plus sur les opinions de Trouillot sur l’écriture regardez ces sites-ci:

Discours de Trouillot: Aguilanti, Alessandra. “Le Montreur: Showing Haiti.” Stanford University. Stanford Humanities Center, Stanford, CA. 15 mai 2011. Guest Lecture.

Entretien avec Trouillot: Ghilardini, Ingrid. “Lyonel Trouillot au lycée Valin.” Articles rédigés. Des élèves de première S4 au Lycée René-Josué Valin. 7 mai 2012. Web. 3 déc 2012.

Entretien entre Trouillot et Assia Djebar: “Postcolonial Passages: Assia Djebar & Lyonel Trouillot.” Pen America 7: World Voices. 2005. Web. 3 déc 2012.

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1. Biographie

2. Activisme

3. Ses premières œuvres

4. Bicentenaire

5. Ses œuvres récentes

6. Sa contribution en Haïti

7. Ses opinions sur l’écriture

 

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