Univers culturel de Saint-Sulpice

Hier, j’ai finalement eu la chance de visiter le service d’archives du l’Univers culturel de Saint-Sulpice. La salle de consultation est située au sous-sol du vieux séminaire de Saint-Sulpice, un immeuble patrimonial en plein coeur du Vieux-Montréal, ce qui est en soit une jolie expérience.

Il faut réserver quelques jours à l’avance et payer 35$ pour visiter, ce qui correspond plus ou moins au coût d’abonnement annuel à une société d’histoire régionale. Par contre, il n’y a pas de frais pour photographier les documents. Au surplus, l’équipe d’archivistes est sympathique, professionnelle et aidante. Cette assistance est particulièrement importante, sachant qu’il n’est pas possible d’accéder la base de données archivistique (sur archi-log) de l’extérieur du centre d’archives.

Avec relativement peu de documents numérisés et des descriptions de fonds encore incomplètes, la valorisation de ces riches collections est pleine de potentiel.

Concessions aux vétérans de la guerre de 1812-1815

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) maintient une base de données des demandes de terres du Bas-Canada de 1764 à 1841. Les originaux ont également été numérisés, quoiqu’en trouver le contenu n’est pas nécessairement des plus simples, puisque la description des microfilms est loin d’être complète.

Une fois la référence extraite, identifier les protagonistes n’est pas nécessairement des plus évidents.

Une piste est que certaines de ces demandes proviennent d’anciens officiers de la guerre de 1812-1815, dont la liste a été indépendamment compilée. (On retrouve, entre autres, dans cette dernière quelques notables de Rivière-du-Chêne, p. 176, et de Ste-Thérèse, p. 180.) Par exemple, en 1823 une partie du Premier Bataillon de Boucherville (p. 188 dont un certain Jean Baptiste Charbonneau) fait une demande conjointe de terres dans le township de Roxton (microfilm C-2493, image 631, p. 903-904).

À titre de contre exemple, ce qui relie les soldats (privates, dont un certain Jean Baptiste Charbonneau) à leur requête de terres dans le township de Lingwick en 1824 (microfilm C-2493, image 680, p. 999-1000) demeure  mystérieux. La liste globale des vétérans maintenue par BAC ne semble d’ailleurs pas être harmonisée avec cette source d’information. Les demandes des divers Jean Baptiste Charbonneau ne s’y retrouvent en effet pas.

Parc Charbonneau

Le parc Charbonneau de Boisbriand est présumémement nommé en l’honneur des premiers colons de la Grande-Côte. Si c’est bien le cas, par contre, l’information à ce propos se fait plutôt rare…

Parc Charbonneau
Enseigne du parc Charbonneau à Boisbriand, mai 2019.

Terrier des Sulpiciens

L’un de mes prochains projets est de valider et de compléter mes chaînes de titres de la côte Ste-Marie et des environs de Belle-Rivière à l’aide du Livre Terrier de la Seigneurie du Lac des Deux-Montagnes. J’ai récemment appris qu’il existe deux copies de ce livre terrier (l’une serait une transcription du 19e siècle), mais ni l’une ni l’autre n’a été microfilmée. Pour les consulter, il suffit de prendre rendez-vous une semaine ou deux à l’avance pour visiter le département des archives de l’Univers culturel de Saint-Sulpice. Visite prévue à la mi-décembre.

Domaine et Manoir de Blainville

Thérèse Céloron de Blainville avait un domaine sur la Grande Côte, dans la seigneurie de Blainville. D’après les chaînes de titres reconstruites à ce jour, le complexe domaine-manoir correspond aux Nos 24 et 25 du terrier de JD Lacroix (Nos 90-91 du cadastre moderne). Le bail du 2 octobre 1788, devant le notaire Joseph Turgeon, mentionne en effet “une grande et belle maison” à cet endroit. Par ailleurs, les titres contemporains concernant les terres avoisinantes mentionnent le domaine seigneurial comme voisin.

Les moulins à scie et à vent associés au domaine étaient donc apparemment situés tout juste à l’ouest de l’emprise actuelle de l’autoroute 15 (et non pas directement dans l’axe autoroutier, tel que parfois suggéré [1].) Toutefois, puisque plusieurs titres des terres concernées manquent toujours, les détails restent à confirmer.


[1] M.-G. Vallières, Marie-Thérèse Céloron de Blainville, La Feuille de Chêne, octobre 2014, pages 8-9.

Grande Côte de Ste-Thérèse: mise à jour

Le premier survol de terrier de la Grande Côte de Ste-Thérèse est essentiellement complété. À mes yeux, ce segment est défini comme comprenant les terres concédées par le seigneur Janvier Domptaye Lacroix. Avec un cumul de différentes ressources (actes notariés, recensements, cadastres, actes de répartitions etc.), on a donc une bonne idée des propriétaires des différents lots du début à la fin du 19e siècle. Pour relier ces concessions aux concessions initiales par le seigneur de Blainville et ses associates, par contre, il faut consulter Parchemin et les microfilms de la BAnQ. Le premier est un engin de recherche plutôt médiocre et les second sont d’une lourdeur à peine supportable. La complétion s’étirera donc sur plusieurs hivers. En priorité, je vais reconstruire le voisinage des frères Charbonneau, qui sont dits les premiers occupants de la région (selon source, p. 257), mais j’ai espoir d’éventuellement boucher tous les trous.

Maison Abraham-Dubois

La reconstruction des chaînes de titres de la Grande Côte de Blainville confirme qu’il ne reste plus rien de la terre ancestrale. Le lot 18 du terrier de JD Lacroix (lot 101 au cadastre moderne) est en effet aujourd’hui tapissé de châteaux de banlieue. Par contre, à ma grande surprise, une partie de la propriété voisine (au lot 19 JD Lacroix/99 cadastre moderne/331, chemin de la Grande-Côte) est inscrite au Registre du patrimoine culturel depuis 2001! Ce n’est pas évident si la ville, qui en est le propriétaire actuel en prend bien soin, mais la chose mérite certainement d’être explorée davantage.

Grande Côte de Blainville

Un premier brouillon des chaînes de titres pour les terres de la moitié ouest de la Grande Côte de Blainville est maintenant disponible. Avec les riches ressources récemment assemblées, le travail n’a pas été trop ardu. Les titres de concession originaux demeurent un peu nébuleux, mais une journée de plus à la BAnQ devrait résoudre une bonne partie de ce problème.