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4. Réaction internationale

Les Bleus et le monde

Maria Espinosa

En 2018, dans son programme télévisé, The Daily Show, Trevor Noah a fait une remarque qui a attiré l’attention des spectateurs du foot autour le monde. Le comédien sud-africain a salué la victoire de l’Équipe nationale Français dans la Coupe du Monde en plaisantant que « l’Afrique a gagné la Coupe du Monde ». Après cet incident, Trevor Noah a reçu une lettre sérieuse écrite par l’ambassadeur de France. Dans sa lettre, l’ambassadeur, Gérard Auraud, a méprisé le commentaire de Trevor Noah et il a écrit le suivant :

I watched with great attention your July 17 show when you spoke of the victory of the French team at the 2018 FIFA World Cup Russia Final which took place last Sunday. I heard your words about an “African” victory. Nothing could be less true.

As many of the players have already stated themselves, their parents may have come from another country, but the great majority of them, all but two out of 23 were born in France. They were educated in France. They learned to play soccer in France. They are French citizens. They’re proud of their country, France. The rich and various backgrounds of these players are a reflection of France’s diversity. (Araud, 2018) 

Trevor Noah répond avec une deuxième blague, en disant que la diversité de l’Équipe Français est une réflexion du colonialisme. Néanmoins, Trevor essai de comprendre les motives de l’ambassadeur– le comédien explique à son public qu’en France il existe des forts critiques de la multiethnicité de l’équipe Français. Il estime que les critiques utilisent les ethnicités diverses des joueurs pour soutenir qu’ils ne sont pas vraiment des Français, et qu’ils ne méritent pas de représenter la France dans la Coupe du Monde. Par ailleurs, Gérard Auraud souligne qu’il existe des différences entre les identités françaises et les identités américaines :

Unlike in the United States of America, France does not refer to its citizens based on their race, religion, or origin. To us, there is no hyphenated identity. Roots are an individual reality. By calling them an African team, it seems like you’re denying their French-ness. This, even in jest, legitimizes the ideology which claims whiteness is the only definition of being French. (Araud, 2018) 

Trevor Noah avoue qu’il aime la façon dont les Américains portant fièrement leurs identités à trait d’union. Aux États Unis, les ethnicités font partie des identités nationales. Par exemple, un Américain peut se catégoriser comme African-American, Asian-American, ou Mexican-American. Trevor explique qu’il apprécie la dualité des identités aux États-Unis et il questionne pourquoi les joueurs français ne peuvent pas être Africain en tant que Français. La différence entre les arguments donnés par Trevor Noah et Gérard Auraud est en raison des différences culturels et politiques entre la France et les États-Unis. Dans le passé, France voulait l’assimilation des immigrants— le pays accepte les immigrants sans discrimination, mais ils doivent laisser leurs différences culturelles à la porte. Ils sont encouragés à adopter les valeurs et normes culturelles de la France pour s’intégrer à la société. On voit maintenant que la société française a réduit cette approche ; pourtant, les gens n’expriment pas leurs religions et leurs identités culturelles la sphère publique. En France, les différences sont cachées dans la sphère privée, et donc le résultat est une illusion d’uniformité culturelle. On utilise le rapport inverse aux États-Unis, où les différences sont exprimées dans la sphère publique, et les identités culturelles sont ajoutées à trait d’union.

© Mahmoud Al-Rifai (2018)

Le commentaire de Trevor Noah et la lettre de Gérard Auraud mettent en lumière l’intersection du football et la politique. Il est vrai qu’en 2018, la victoire de l’Équipe Français a créé une polémique, mais ce n’est pas la première fois que l’Équipe nationale a subi des criticismes. La victoire Française dans la Coupe du Monde en 1998 avait lancé un débat similaire quand l’équipe était comprise par des joueurs d’héritage blanc, noir et arabe. L’équipe en 1998 était aussi diverse, reconnue par des joueurs célèbres comme Zinandine Zidane d’origine algérienne et Lillian Thuram qui est né en Guadalupe. Pendant la Coupe Mondiale, les couleurs du drapeau Français, « bleu, blanc, rouge », étaient transformées pour créer le slogan « black, blanc, beurre » (Sonntag et. al 2020). Les Français ont gagné, 3-0, contre Brésil dans la final, et le monde a vu des célébrations dans le Champs-Élysées, où le sommet de l’arc de Triomphe était blanc et noir (Grez 2018). Malgré la victoire qui avait apparemment rassemblé le publique Français, la droite politique avait reproché l’équipe. Jean-Marie Le Pen, l’ancien chef du Front National a dénoncé les joueurs noirs qui n’avaient pas chanté l’hymne national, tandis qu’il n’a rien dit à propos des joueurs blanc qui ne chantaient pas non plus.  Plus choquant c’était en 2011, quand l’association de football national Français a demandé à l’entraineur de l’Équipe national de choisir moins joueurs noirs et arabes (Gisjbert 2019). Heureusement, il est clair qu’il n’a pas suivi cette recommandation en 2018.

Les victoires Françaises en 1998 et en 2018 abordent les questions suivantes : qu’est-ce que c’est qu’une identité nationale, et comment est-ce que le football peut représenter une nation ?  Une identité nationale essai d’encapsuler une collectivité imaginaire des gens qui appartiennent tous à une nation. Pourtant, il est important de noter qu’il n’est pas une notion fixe, car la démographie d’un pays est toujours en train de changer. Comme Trevor Noah a exigé, on ne peut pas ignorer le passé colonial en Afrique. Autrement dite, la diversité de la France s’explique par l’immigration déclenchée par les processus de colonisation et de décolonisation (Gisjbert 2019). La réalité est que la France avait imposé une relation politique, économique et culturelle avec ses anciennes colonies au 20ème siècle. En 2018, ils constituent une part intégrale de la culture et l’identité nationales de la France (Gisjbert 2019). Pourtant, les joueurs dans l’Équipe national Français doivent fournir des preuves de leur légitimité en tant que citoyens français. Cela nous montre que la France se trouve dans une espace de transition—la société française doit se redéfinir pour trouver une identité nationale qui est vraiment représentative des citoyens Français. L’Équipe national Français en 2018 nous montre qu’il n’y a pas une réponse simple pour le problématique multidimensionnelle de l’identité nationale. Pourtant, une chose est claire : la France ne serait pas victorieuse sans la diversité, le talent, et le leadership de tous ses joueurs.

 

Citations

“After France Won the 1998 World Cup, French Diversity Was Celebrated. But It Was Short-Lived.” Public Radio International, www.pri.org/stories/2018-06-29/after-france-won-1998-world-cup-french-diversity-was-celebrated-it-was-short.

Grez, Matias. “France’s ‘Rainbow Team’ Looks Back at Historic World Cup Triumph.” CNN, Cable News Network, 6 July 2018, www.cnn.com/2018/06/08/football/france-1998-world-cup-win-anniversary/index.html.

Sonntag, Albrecht, and Borja García García. “National Teams, Multiple Loyalties. A Discussion of Three Football Case Studies.” Papeles Del CEIC, vol. 2020, no. 1, Jan. 2020, p. 224., doi:10.1387/pceic.20832.

Christos Kassimeris (2011) Black, Blanc and Beur : French Football’s ‘Foreign Legion’, Journal of Intercultural Studies, 32:1, 15-29, DOI: 10.1080/07256868.2010.523142

Oonk, Gisjbert. “Who Are We Actually Cheering On? Sport, Migration, and National Identity in a World-Historical Perspective.” 18 Oct. 2019.