The Center for French and Francophone Studies
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Francophone Digital Humanities Workshop

 

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Compte-rendu de l’atelier sur la numérisation

du vendredi 20 septembre 2013

 

Lors de cet atelier, les professeurs de Duke, de University of Virginia, les bibliothécaires et les étudiants de troisième cycle, se sont réunis afin de présenter leurs cinq projets en rapport avec la numérisation ainsi que d’explorer les intérêts mais aussi les problématiques liés à l’utilisation du numérique.

Le premier projet mené par David Bell (Romance Studies) et Heidi Madden (Bostock) se concentre sur la « collection Gustave Lanson » de la bibliothèque Bostock, et a pour ambition de numériser les 169 brochures reliées que l’historien de la littérature a rassemblées au cours des années 1900-1920. La collection à numériser est divisée en plusieurs catégories : la première se compose de monographies, la deuxième de tous les pamphlets rassemblés par Gustave Lanson, et la dernière concerne toutes les inscriptions et dédicaces rédigées sur chaque brochure.

Le second projet au cœur du débat et dirigé par Gregson Davis (Classics) et Laurent Dubois (Romance Studies et History) est axé sur la numérisation du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, et la nouvelle traduction de Davis. Les multiples variations et rééditions du Cahier depuis 1939 permettent une multitude d’approches numériques. Cependant, ce projet se heurte à deux obstacles : le problème des droits d’auteur et de reproduction, ainsi que le choix de l’espace numérique à utiliser. Les chercheurs ont soulevé une question clé : que va transmettre la numérisation du Cahier exactement ?

Un autre projet directement lié à celui-ci concerne la bibliothèque numérique Haïtienne. Laurent Dubois et Deborah Jenson (Romance Studies) veulent encourager une plus grande liberté d’accès à cette bibliothèque numérique en Haïti. La langue utilisée dans ces bibliothèques devrait-elle être le créole et l’anglais ou le français, ou bien les trois ? Les chercheurs ont notamment fait référence à l’aide apportée par Libraries without Borders au niveau de la numérisation en Haïti. Il serait aussi possible de lier ce projet à d’autres questions critiques comme, entre autres, l’enseignement supérieur et la collaboration entre doctorants et créolophones afin de fournir des descriptions de texte en langue créole. Jenson a également proposé de s’attarder sur des journaux haïtiens du XIXe siècle, d’en extraire des nouvelles et poèmes afin de les transformer en textes littéraires.

Helen Solterer (Romance Studies) et Deborah McGrady (UVA) ont ensuite présenté leur projet axé sur des manuscrits médiévaux situés « hors réseaux », c’est à dire, des manuscrits qui se trouvent dans des collections importantes et moins connues à travers l’Europe. Le premier choix de manuscrits porte sur le type de manuscrit-recueil qui fait regrouper un nombre de textes divers, poésie, allégorie, traité.  Cette fois-ci,  il est question de deux recueils des bibliothèques/archives en Suède et en Italie, témoins remarquables de l’œuvre de François Villon et de Guillaume de Machaut. Ce projet se poursuit en collaboration avec un projet « Mellon », se liant aussi au travail de numérisation à la BnF. Le but de ce projet est moins de développer ou souscrire à différentes plateformes numériques, que de déterminer les procédés qui vont faciliter le travail. Se focaliser sur de tels manuscrits permet deux types de recherche sur la culture matérielle du livre. 1) enquêter sur les recueils de poésie dans la création littéraire, comme précise McGrady, dans la pratique d’auteurs aux époques pré modernes, 2) étudier la fonction et l’usage social de la fiction pré moderne dans la longue durée, comme précise Solterer.

Anne-Gaëlle Saliot (Romance Studies) et Jacqueline Waeber (Music) ont clôturé la séance en présentant leur projet ; Alain Resnais.  Elles travaillent en collaboration avec la Cinémathèque française de Paris qui abrite des collections de documents d’archives et de costumes de ce cinéaste de la Nouvelle Vague.   Les chercheurs ont l’intention d’explorer et d’intégrer ces ressources dans un projet de colloque. Elles proposent trois directions potentielles pour leur projet : la première étant d’ouvrir la réflexion sur le cinéma et sa relation avec le développement de la technologie numérique, la deuxième s’attardant sur les séminaires vidéo et les « master classes » dispensées par des réalisateurs, et enfin la troisième se penchant sur la façon dont l’exploration esthétique du cinéma et des médias numériques souligne les intérêts convergents à la fois du cinéma et des sciences humaines.

 

                                                                                    Rapporteuse : Sandie Blaise

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